Napoleon ne se
regardait pas comme un homme, mais comme l'incarnation d'un peuple. Il
n'aimait pas; il ne considerait ses amis et ses proches que comme des
instruments auxquels il tint, tant qu'ils furent utiles, et qu'il jeta
de cote quand ils cesserent de l'etre. Qu'on ne se permette donc pas
d'approcher du sepulcre du Corse avec sentiments de pitie, ou de
souiller de larmes la pierre qui couvre ses restes, son ame
repudierait tout cela. On a dit, je le sais, qu'elle fut cruelle la
main qui le separa de sa femme et de son enfant. Non, c'etait une
main qui, comme la sienne, ne tremblait ni de passion ni de crainte,
c'etait la main d'un homme froid, convaincu, qui avait su deviner
Buonaparte; et voici ce que disait cet homme que la defaite n'a pu
humilier, ni la victoire enorgueiller. 'Marie-Louise n'est pas la
femme de Napoleon; c'est la France que Napoleon a epousee; c'est la
France qu'il aime, leur union enfante la perte de l'Europe; voila la
divorce que je veux; voila l'union qu'il faut briser.'
"La voix des timides et des traitres protesta contre cette sentence.
'C'est abuser de droit de la victoire! C'est fouler aux pieds le
vaincu! Que l'Angleterre se montre clemente, qu'elle ouvre ses bras
pour recevoir comme hote son ennemi desarme.
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